Le paiement électronique

 

L'utilisation des cartes bancaires est régie à l'échelle mondiale par une société américaine (désignée ci-dessous par XXYY). Chaque banque doit verser une commission à XXYY pour chaque carte délivrée. Chaque commerçant muni d'un terminal de paiement électronique TPE verse pour chaque paiement effectué une commission d'environ 1 % à XXYY : c'est une super taxe Tobin soigneusement camouflée.

Les répercussions économiques liées à la fin de ce monopole et à la suppression de cette taxation imposée par VISA sont énormes. À l'échelle de la France, on peut évaluer à plusieurs milliards d'euros par an les sommes reversées à XXYY !

En droite ligne de la protection de son monopole, XXYY interdit de facto (même si cela est soigneusement tu par tous) la mise en place de paiement électronique sur internet. Pour ce faire, elle interdit " simplement " à quiconque de lire le contenu de la puce de chaque carte bancaire, contenu qui seul permet d'effectuer un paiement parfaitement sécurisé rendant inutile la transmission en clair du numéro gravé sur la carte.

 

En effet, si XXYY autorisait cette lecture et son usage dans un simple ordinateur relié à internet (ce qui est en fait exactement la procédure suivie lors d'une opération effectuée dans un TPE), XXYY ne pourrait pas percevoir sa commission au passage. La différence vient de ce que, dans le cas du TPE, le commerçant est obligé d'envoyer l'ordre de paiement via un réseau de communications appartenant à XXYY (ce qui permet à XXYY de percevoir sa commission), alors que dans le cas d'un paiement via internet, XXYY est incapable d'avoir connaissance de l'opération et de prélever sa commission. Ceci explique accessoirement pourquoi XXYY maintient un réseau de télécommunications spécifique pour faire transiter ses ordres de paiement au lieu d'utiliser tout simplement internet : les discours lénifiants sur la soi-disant sécurité indispensable pour ces transmissions sont de la poudre aux yeux et ne servent en réalité qu'à protéger le monopole de XXYY.

 

Ajoutons enfin que XXYY maintient les banques dans une position de chantage en les obligeant à défendre son monopole et en leur interdisant de développer des solutions alternatives à XXYY : faute de voir sauter les licences que leur vend XXYY, indispensables aux banques pour fournir des cartes de crédit à leurs clients.

Dans ce contexte juridique imposé par XXYY, la seule possibilité pour effectuer un paiement électronique sur internet consiste à se servir du numéro gravé sur chaque carte bancaire, XXYY ayant été incapable d'interdire légalement l'usage de ce numéro car il est gravé en clair et donc lisible sur chaque carte. Cette technique rend le paiement peu sécurisé car il est relativement facile pour un pirate de voler des fichiers dans lesquels ces numéros de cartes sont stockés.

 

Sans entrer dans les détails, il est très simple d'utiliser le système FASE et les cartes à puce nécessaires à son fonctionnement pour effectuer électroniquement tous les types de paiement voulus : au-delà de l'e-commerce classique, une entreprise enverrait ainsi directement les ordres de virement à sa banque en même temps que sa télé déclaration à l'URSSAF ou aux caisses de retraite. Le e-commerce pourrait enfin se doter de processus de paiement dignes de la technologie du XXI e siècle.